On prend les clefs et on file à toute allure. Voilà comment résumer The Night We Were Kings, ce somptueux court-métrage.

Réalisé par cinq étudiants de l’école des Gobelins on ne peut qu’être ébahi par un travail de tant de précision. Le film ne dure que quelques minutes, et pourtant il nous délivre une magnifique histoire. Celle de Francesca et Isaac qui fuient la ville pour s’abandonner vers l’inconnu.

Avant de lire l’interview de Chloé Nicolay, en 4 minutes 15 découvrez le magnifique The Night We Were Kings :

Cover du court métrage The night we were kings

Salut Chloé peux-tu nous dire quel a été ton rôle pour ce projet ?

Nous étions deux à l’origine du projet, Manddy Wyckens et moi-même. On a co-réalisé le film : on a développé le scénario ensemble, ainsi que la direction artistique et le story-board. Comme nous avions des compétences complémentaires, Manddy s’est davantage concentrée sur la couleur et les décors, tandis que j’ai assuré le design des personnages et le story-board. Anthony Lejeune, Gaspard Sumeire, et Léa Justum nous ont rejoint dans un second temps pour travailler sur la production du lay-out, des décors finals, de l’animation et du compositing.

Comment vous est venue l’idée de ce court métrage d’animation ?

Photo tirée de The night we were kings

Le thème du road trip nous tenait à cœur, Manddy a amené pas mal de références photos et cinématographiques (Badlands de Terrence Malick, The Suburbs de Spike Jonze). A partir de cette ambiance, j’ai pensé à une histoire comme point de départ. Je voulais parler de ce sentiment très particulier de non-appartenance à un groupe social. Au début du film, on voit le personnage féminin, Francesca, qui est à l’écart dans une fête, et c’est là qu’elle aperçoit Isaac à travers la foule. Leur envie commune de fuir ce décor les réunit, puis on observe un abandon progressif des repères et des inhibitions au fur et à mesure de leur voyage. Quant au dénouement, chacun s’en fait une idée différente…

Photo du court métrage Scenes from the suburbs © Spike Jonze

Photo du court métrage Scenes from the suburbs © Spike Jonze

 

Comment s’est déroulée la conception de l’animation? Des difficultés ont été rencontrées ?

On a développé le projet pendant les cours, le soir chacun de notre côté… quant à la production, elle a duré deux mois pendant l’été 2011. Nous étions hébergés par le studio Cube Creative qui nous a prêtés des locaux et le matériel informatique nécessaire, ainsi qu’un suivi de notre projet par un chargé de production, Pierrot Jacquet.

Faire un film de 4min15 en seulement 2 mois, avec une équipe de 5 personnes… c’est un sacré challenge ! On a beaucoup travaillé, mais c’est le fait d’avoir volontairement opté pour un film au style contemplatif, avec relativement peu d’animation, qui nous a permis de finir dans les temps. On a reçu de l’aide d’amis de notre école pour la colorisation ainsi que pour les animations de foule, merci à eux !

Avez-vous une anecdote concernant The Night We Were Kings?

Haha… Anecdote rigolote, pendant les deux mois passés chez Cube, on a partagé notre salle de travail avec Tristan Michel et Antoine Rota qui bossaient sur la série Kaeloo. Des mecs adorables, on a beaucoup rigolé, sauf que parfois on craquait un peu et on balançait des musiques super énervantes en boucle… Autant Tristan ne se formalisait pas, autant Antoine… En souvenir de ça, il m’a envoyé une petite animation pour me »remercier » (à retrouver en cliquant ICI ! ndlr: muy rigolo)

Merci pour avoir pris le temps de répondre aux questions et bonne continuation !

Photo du court métrage The night we were kings

Photo du court métrage The night we were kings sortie du club

Photo du court métrage The night we were kings, Francesca