Photo de Patrick Maus

Patrick Maus nous fait le bonheur de répondre à quelques questions sur le festival Nouveaux Cinémas et nous raconte comment en 2013 jeanetmila a fait l’unanimité du comité de sélection…

SHOCO: Bonjour Patrick, peux-tu te présenter ?

Patrick Maus: Je suis le délégué général de l’association CINE FAC, créée en 1998, dont le but est la diffusion et la promotion de tous les cinémas, qui organise tous les ans depuis 2005, le Festival des Nouveaux Cinémas.

S: Le festival non compétitif Nouveaux Cinémas organisé par CINE FAC a 11 ans, peux-tu revenir sur ses origines ?

PM: Depuis la création CINE FAC a toujours organisé des événements dédiés aux courts-métrages.

En 2004 à l’aube de la révolution numérique dans le cinéma, et particulièrement dans le court-métrage, nous avons fait le constat que de très nombreuses œuvres tournées en numériques, souvent en auto-production, restaient invisibles car en l’absence d’un transfert en pellicule très onéreux, les festivals existants à l’époque ne les diffusaient pas.

Nous avons donc souhaité donner aux créateurs un espace de diffusion de qualité pour toutes ces œuvres représentatives d’une nouvelle forme de création issue de la révolution numérique qui permet à chacun de faire son cinéma.

« Seul compte le choix du comité de sélection de présenter le film »

Le festival est donc réservé exclusivement aux films tournés en numériques quelque soit le support : caméra professionnelle ou familiale, appareil photo numérique, webcam, téléphone portable, etc.

Le festival s’est construit également sur 3 principes : absence de compétition, l’itinérance et la gratuité.

Afin d’illustrer le souffle de liberté que représente l’arrivée du numérique dans le cinéma, nous avons souhaité libérer également le festival des contraintes de la compétition, d’un jury et de la catégorisation des œuvres.

Le festival présente ainsi dans une même séance des films de fiction, d’animation, expérimentaux ou documentaires, sans tenir compte de leur nationalité, année de production, mode de production (auto-production, film d’école ou production professionnelle), qualité du réalisateur (étudiant, amateur ou professionnel), etc. Seul compte le choix du comité de sélection de présenter le film.

L’itinérance et la gratuité découlent de cette même volonté de liberté permise par le numérique et de notre volonté de rendre ce cinéma accessible à tous.

En effet, nous organisons un festival de cinéma, donc son espace naturel est la salle de cinéma et en particulier les salles d’art et d’essai.

Photo prise pendant le festival Nouveaux Cinémas

Plus personne aujourd’hui ne dirait qu’un film tourné en numérique n’est pas un film, il n’en était pas de même en 2005 lors de la 1ère édition du Festival.

Nous voulions donc confirmer le caractère d’œuvre cinématographique de ces films en leur offrant la diffusion dans leur maison, les salles de cinéma.

Néanmoins, afin d’une part de rencontrer le public qui ne fréquente pas les salles de cinéma, en particulier pour voir des courts-métrages, et d’autre part profiter de la possibilité offerte par le numérique de redonner au cinéma son caractère initial d’art forain, nomade, nous avons souhaité organiser des projections dans des salles de spectacles, des mairies, des squat d’artistes, des universités, en plein air, etc.

D’où l’idée de changer pour chaque séance de lieu.

Le cinéma redevient ainsi un art de proximité et la gratuité permet à chacun de venir le découvrir.

Photo d'une projection de courts métrages du Festival Nouveaux Cinémas

S: Wow… c’est beau ! Et comment ont évolué les films que vous y présentez ?

PM: Le festival est né à un moment de forte créativité induite par la mise à disposition des créateurs de nouveaux outils. Pendant quelques années, les films reçus et présentés au festival étaient marqués par une volonté de découvrir et d’expérimenter les possibilités offertes par les nouveaux outils numériques tant sur le plan formel que narratif.

Passé cette phase de découverte, la généralisation et la maîtrise du tournage en numérique par des professionnels du cinéma aboutissent à une nouvelle forme de classicisme. 

S: Peux-tu revenir sur le processus de sélection du festival ?

PM: Le Festival organise un appel à candidature ouvert à tous. Pour s’inscrire les films doivent avoir été tournés en numérique et être d’une durée maximale de 20 minutes, générique inclus. C’est tout !

Les films, environ 1000 par an, sont ensuite soumis à notre comité de sélection qui est composé de tous les membres actifs de l’association, soit entre 15 et 20 personnes par an, majoritairement des étudiants dans toutes les filières : droit, philosophie, pharmacie, économie, langues, mais aussi arts du spectacle et cinéma.

Après, parfois, de longues discussions, nous retenons entre 30 et 50 films par an.
Le consensus est de mise dans nos choix, sauf exception !

Photo du court métrage Jeanetmila

S: Comment s’est passée la sélection de jeanetmila ? Consensus ? Débat ? Si débat autour de quoi ?

PM: Je n’ai pas le souvenir d’un grand débat autour de Jeanetmila, nous avons tous été touchés par l’énergie, la puissance et la beauté qui se dégagent de ce film.

Nous attendons les commentaires de vos lecteurs…

S: Un mot une anecdote pour donner à nos lecteurs envie d’assister aux séances du festival ?

PM: C’est gratuit et il y a souvent un verre à boire à la fin de la projection que puis-je dire de plus !

Venez découvrir des films, rencontrer les équipes et passer un bon moment en notre compagnie, vous ne le regretterez pas, la première séance aura lieu en plein air vendredi 12 juin aux Arènes de Lutèce pour une projection sous les étoiles précédée d’un concert de la fanfare de Normal Sup’. C’est un moment rare à partager !